Le 15 mai 2026, Antonin dévoilera Bleus, un deuxième album profondément intime et délicatement mélancolique. Un disque qui porte parfaitement son nom : une couleur, une sensation, un état émotionnel diffus que l’artiste explore avec une élégance rare.
Ici, pas de démonstration excessive ni d’effets grandiloquents. Antonin choisit au contraire la retenue, le silence entre les notes, les émotions qui affleurent doucement sans jamais être forcées. Résultat : un album suspendu, organique et terriblement humain.
Un disque entre lumière et mélancolie
Avec Bleus, Antonin construit un véritable city blues moderne, quelque part entre chanson française vaporeuse, pop crépusculaire et douceur californienne.
Dès le morceau d’ouverture, Bleu, le décor est posé : guitares acoustiques et électriques se répondent dans une atmosphère feutrée où chaque arrangement semble respirer. Les touches de slide guitare accentuent cette sensation de flottement mélancolique qui traverse tout le disque.
L’album avance ainsi à pas lents, porté par une rythmique souple, des claviers discrets, quelques nappes de synthés et des percussions délicates qui laissent parfois apparaître un léger parfum jazz.
Cette manière de privilégier l’espace et la respiration donne au disque une profondeur émotionnelle immédiate.
Une écriture simple mais profondément sensible
Ce qui frappe surtout sur Bleus, c’est la capacité d’Antonin à raconter des états intérieurs avec très peu d’effets.
Ses textes restent sobres, souvent impressionnistes, mais touchent juste. L’artiste parle de blessures discrètes, d’amours ambiguës, de souvenirs persistants et de cette mélancolie diffuse que chacun porte en soi.
« Quand je pense au bleu, je pense d’abord à la couleur du ciel et de la mer. (…) Mais si je replonge dans certains souvenirs, ce bleu devient plus sombre, plus profond. Il réveille des blessures, ce que certains appellent le blues. »
Cette idée du “bleu” comme émotion multiple traverse tout l’album : un mélange d’apaisement, de nostalgie et de douceur fragile.
Entre pop intime et sophistication discrète
Parmi les morceaux marquants, J’sais pas dire non apporte une dimension plus pop au projet. Derrière son apparente légèreté, le titre évoque les rapports de force amoureux et l’ambivalence des sentiments avec beaucoup de finesse.
De son côté, Palme d’or joue avec l’idée de l’amour comme mise en scène permanente, comme un rôle que l’on finit parfois par interpréter malgré soi.
Musicalement, Bleus impressionne aussi par la qualité de ses arrangements. Réalisé par Adrien Durand au studio Atlas, le disque réunit autour d’Antonin une équipe particulièrement inspirée :
- Giacomo Lecchi d’Alessandro
- Jérôme Goldet
- Reni Lane
- Inor Sotolongo
- Armand Penicaut
- Victoria Lafaurie
Une équipe qui apporte au disque une richesse instrumentale discrète mais essentielle.
Un artiste à contre-courant
Connu d’abord avec le groupe Hangar, puis comme bassiste de Papooz, Antonin poursuit depuis plusieurs années un parcours singulier, loin des tendances immédiates.
Son premier album solo, En Silence, avait déjà révélé un goût prononcé pour les atmosphères contemplatives et les chansons habitées par la mer, le calme et les émotions enfouies.
Avec Bleus, il pousse encore plus loin cette esthétique minimaliste et sensible.
Là où beaucoup cherchent l’impact instantané, Antonin choisit la nuance. Et c’est précisément ce qui rend cet album aussi touchant.
Une œuvre délicate qui prend le temps de vivre
Bleus n’est pas un disque qui cherche à impressionner immédiatement. C’est un album qui s’écoute lentement, qui s’installe avec le temps et qui révèle ses nuances au fil des écoutes.
Un disque nocturne, élégant et profondément sincère, porté par des mélodies simples mais persistantes.
À une époque saturée de productions calibrées, Antonin livre une œuvre sensible et intemporelle qui rappelle que la fragilité peut aussi devenir une force artistique.
