Big Noter : l’explosion d’ouverture
À 20h, les lumières plongent la salle dans une attente frémissante, vite brisée par l’arrivée de Big Noter, groupe d’ouverture au groove imparable. Dès le premier accord, ils envoient un punch rock percutant : riffs nerveux, basse ronde, batterie martelante—le combo parfait pour faire vibrer le public dès l’entame. Un peu comme si Bodycount rejoignait Rage Against The Machine avec un zeste de Wu Tang Clan.
Leur set, calibré autour de titres incisifs, atteste d’une cohésion hors pair. Les guitares dialoguent, la voix du chanteur capte l’attention, toujours juste, tantôt suave, tantôt rugueuse. On sent que Big Noter ne fait pas qu’assurer la première partie : ils captivent, ils impriment, et surtout, ils laissent le public chaud bouillant.
L’énergie qu’ils dégagent est contagieuse : les premières pogos s’organisent, les headbangs se dessinent… Ils transforment L’Aéronef en véritable boîte à rythme humaine, chauffant l’atmosphère pour la tête d’affiche. Mention spéciale à leur dernier morceau : un crescendo implacable laissant le public survolté.
Amyl and The Sniffers : la tornade australienne
Dès 21h15, Amyl and The Sniffers débarquent comme un raz-de-marée. Les premières notes de « Don’t Need a Cunt (Like You to Love Me) » et « Security » enfoncent le clou. La salle est déjà un champ de bataille, les corps bougent, les voix crient en chœur. Le setlist révèle un grand show :
Don’t Need a Cunt (Like You to Love Me)
Security
Doing in Me Head
Do It Do It
Chewing Gum
Got You
Balaclava Lover Boogie
Some Mutts (Can’t Be Muzzled)
Guided by Angels
Knifey
Starfire 500
Me and The Girls
Jerkin’
Tiny Bikini
Facts
U Should Not Be Doing That
Hertz
Big Dreams
« Chewing Gum » et « Do It Do It » réveillent l’audience, avec un déchainement complice : les fans battent la mesure, chantent chaque refrain.
Le contraste avec « Big Dreams », joué en clôture de set principal, crée un effet puissant : le public suspend son souffle, touché par son côté émouvant et volontaire.
Amy Taylor, figure charismatique, oscille entre attitude militante (quelques mots contre les violences faites aux femmes, et en faveur des causes queer), et énergie brute, microphone au poing. Sa présence transfigure la salle.
Son message est clair : amour, inclusion et révolte.
Techniquement, la section rythmique – Gus Romer (basse) et Bryce Wilson (batterie) – impose une assise solide, tandis que Declan Mehrtens éclate les amplis à la guitare. L’ensemble propulse une vague sonore saturée, mais parfaitement maîtrisée.
La performance culmine sur « Hertz », véritable hymne monstrueux, scellant cette soirée à l’énergie furieuse et libératrice. L’encore n’est qu’une redemande : deux morceaux ciselés et incendiaires qui envoient les fans dans la nuit lilloise détrempés, exaltés.
Que dire de plus ? Big Noter : une révélation. Groupe d’ouverture qui ne se contente pas d’ouvrir, mais illuminer la scène. Ils démontrent un style affirmé et une justesse rare pour éveiller noctambules et punks de tout poil.
Amyl and The Sniffers : la tornade australienne confirme pourquoi ils en sont là. Show imparables, énergie scénique ravageuse, messages puissants. Du punk inclusif et porté par une incroyable cohésion.
Imaginez la scène : un public en transe, Big Noter en feu pour amorcer, puis Amyl and the Sniffers en cavalcade jusqu’à l’aube. Une soirée parfaite, de celles qu’on raconte encore le lendemain matin.
Merci aux artistes : Big Noter pour leur set inaugural bouleversant, et Amyl and The Sniffers pour un concert incandescent, militant, mais joyeux. Lille continue de vibrer à l’Aeronef.









