Il y a des soirs où le concert ressemble moins à un spectacle qu’à une rencontre entre musiciens et initiés. Au Splendid de Lille, le Guitar Night Project s’inscrit exactement dans cette catégorie : une salle à taille humaine, une lumière chaude, et ce sentiment que tout va se jouer à quelques mètres à peine de la scène.
Dès l’entrée dans la salle, l’ambiance est déjà installée. Pas de grand décor inutile, pas d’effets superflus : ici, tout est concentré sur l’essentiel. Les guitares, les amplis, et ce public venu pour une chose précise écouter trois musiciens raconter des histoires sans paroles.
Le Guitar Night Project repose sur une idée simple : réunir des guitaristes aux univers différents mais complémentaires. Sur scène, chacun prend tour à tour le rôle de narrateur.
Fred Chapellier installe le blues, solide et élégant, presque classique dans son phrasé. Patrick Rondat apporte une dimension plus technique, plus tranchante, parfois proche du metal progressif. Pat O’May, lui, injecte une énergie plus libre, plus organique, presque tribale par moments.
Ce qui frappe surtout, ce n’est pas la démonstration individuelle même si elle est bien là mais la façon dont les trois univers s’entrelacent. On passe d’un solo très structuré à une improvisation plus sauvage sans rupture nette. Comme si la guitare devenait un langage commun, malgré des accents différents.
Au Splendid, cette proximité change tout. Les applaudissements arrivent vite, parfois entre deux phrases musicales. On sent une écoute réelle, presque studieuse par moments, comme dans une masterclass qui aurait pris la forme d’un concert.
Mais l’énergie n’est jamais loin. Dès qu’un riff plus accrocheur surgit, la salle réagit immédiatement. Les têtes bougent, les regards suivent les mains sur les manches des guitares, comme si chaque note était observée autant qu’écoutée.
























































