Avec Natalia Doco, chaque album marque une transformation. Et avec Hacha, attendu le 27 mars 2026, l’artiste franchit un cap décisif, livrant sans doute l’œuvre la plus radicale et affirmée de sa carrière.
Une métamorphose artistique et personnelle
Quatrième album de la chanteuse installée en France, Hacha « la hache » en espagnol est loin d’être un simple titre symbolique. Il incarne une rupture nette, presque rituelle. Inspiré notamment par la figure de la déesse Kali, symbole de destruction et de renaissance, le disque s’inscrit dans une logique de transformation intérieure profonde. Natalia Doco elle-même évoque une période de “métamorphose” marquée par une perte d’innocence et une écriture plus tranchante que jamais.
Ici, l’artiste coupe court aux illusions, aux schémas toxiques et aux croyances limitantes. Elle s’affirme libre, affranchie, presque guerrière, dans un projet où l’intime devient politique.
Un manifeste féministe et spirituel
Au cœur de Hacha, il y a une parole forte, engagée. Natalia Doco revendique un féminisme puissant, nourri de figures mythologiques comme Artémis, et porté par une volonté d’émancipation. Ses chansons deviennent des armes, des incantations, des cris parfois, notamment sur des titres comme Cha Cha Trap, où elle dénonce les comportements toxiques et les violences faites aux femmes.
Mais cette dimension militante ne se limite pas à la colère. Elle s’inscrit dans une vision plus large, presque mystique, où la destruction est nécessaire à la renaissance. Spiritualité, mort, cycles de vie : Hacha est aussi un album initiatique.
Une fusion musicale explosive
Musicalement, Natalia Doco ose tout. Elle mélange les genres avec une liberté déconcertante : cumbia, reggaeton, salsa, cha-cha… autant d’influences populaires qu’elle réinvente avec une approche alternative et moderne. Longtemps mises de côté, ces sonorités deviennent ici centrales, assumées et sublimées.
L’album (15 titres pour environ 51 minutes) navigue ainsi entre morceaux taillés pour le dancefloor et expérimentations plus introspectives, presque chamaniques.
Un grand écart maîtrisé qui témoigne de la richesse de son parcours, notamment de ses années passées au Mexique, véritable laboratoire musical pour l’artiste.
Des collaborations et une ouverture nouvelle
Pour la première fois, Natalia Doco s’entoure de collaborations, notamment avec Johan Papaconstantino et Shaga. Des rencontres qui apportent de nouvelles textures au projet, entre modernité électronique et chaleur organique, sans jamais trahir l’ADN de l’artiste.
Un album charnière
Après ses succès récents, notamment en collaboration avec Trinix ou Negro Dub, Natalia Doco confirme avec Hacha qu’elle est une artiste en constante évolution. Plus audacieuse, plus libre, plus incisive.
Ce nouvel opus s’impose déjà comme un tournant majeur : un disque dense, habité, qui conjugue puissance émotionnelle et énergie dansante.
Un album coup de poing, viscéral et libérateur, qui pourrait bien s’imposer comme le meilleur de sa discographie.
