Il y a des albums qui ressemblent à une rencontre. Thérapie, le premier disque de Tioma, fait clairement partie de ceux-là. Repéré par Bigflo & Oli, passé par les premières parties de Vianney, l’artiste landais arrive aujourd’hui avec un projet auto-produit, profondément intime, façonné comme un carnet de bord sonore.
Pendant deux ans, Tioma s’est retiré pour regarder à l’intérieur. Résultat : un album folk sensible, salé par l’air de l’océan et traversé par les silences nécessaires. Ici, la plage n’est pas qu’un décor : elle devient un refuge. On y entend le sable crisser, les coquillages résonner, et surtout les pensées se déposer.
Thérapie parle de santé mentale sans détour, mais sans lourdeur. Tioma choisit la douceur plutôt que la gravité, la sincérité plutôt que le pathos. Les guitares acoustiques respirent, les arrangements restent minimalistes, laissant toute la place à des textes qui ressemblent à des confidences murmurées.
On pense parfois à la folk francophone sensible de Ben Mazué ou à la délicatesse de Vianney, mais Tioma trace déjà son propre rivage : celui d’une pop folk solaire, mélancolique et apaisante.
Impossible de passer à côté de “Trouve-toi des amis”, véritable point d’ancrage de l’album. Le titre résume à lui seul la démarche du projet : parler de solitude pour mieux célébrer les liens. Derrière sa douceur apparente, la chanson touche juste, comme un conseil glissé à l’oreille après une longue nuit.
C’est simple, fragile, nécessaire.
Ce premier album sonne comme une respiration profonde après une longue apnée. On y parle d’éloignement, de thérapie, de reconstruction, mais aussi d’acceptation et de lumière. Tioma ne prétend pas donner de réponses : il partage un chemin.
Et c’est sans doute ce qui rend Thérapie si attachant. On n’écoute pas seulement un disque, on accompagne un processus.
Avec ce premier album, Tioma signe une entrée en matière sincère et touchante, qui pourrait bien trouver un écho chez tous ceux qui cherchent un peu de calme dans le bruit du monde.
