À chaque saison, quelques artistes émergent avec une vision si nette qu’ils semblent redéfinir leur genre. Pour la productrice, DJ, compositrice et performeuse française Lili Castiglioni, cette saison est la bonne. Avec son univers hybride entre trip-hop, art-pop, ambient et club underground et ses visuels aussi soignés qu’inquiétants, elle installe une identité forte sur la scène électronique hexagonale et au-delà.
Originaire de la région des Landes, Lili Castiglioni s’est formée loin des flashs mainstream, explorant d’abord les recoins de la culture internet et des plateformes DIY. Dès ses premiers sets pour le collectif NAVA et ses remixes diffusés sur SoundCloud, elle impose une esthétique personnelle : samples d’OST, voix éthérées, basses sourdes, ambiances à la fois gothiques et lumineuses.
Son EP Palais des courants d’air (mai 2023) marque un tournant : six titres élégants, sombres et rêveurs, où grandiloquence visuelle et introspection se rencontrent.
En janvier 2025, elle dévoile Grief Seed, un projet plus résolu, plus club (10 titres), qui affirme sa capacité à mixer introspection et dance-floor.
Lili Castiglioni revendique des influences aussi variées que Kate Bush, Caroline Polachek, Massive Attack ou encore Daft Punk.
Le résultat ? Une écriture sonore faite de contrastes : douceur vocale habillée de beats tranchants, nappes ambient enveloppantes confrontées à des basses lourdes dignes du trip-hop ou de la witch-house. Elle compose comme on assemble un collage visuel et on l’entend.
Visuellement aussi, elle puise dans l’univers Tumblr, dans les références mode japonisantes (Gothic Lolita, Baby the Stars Shine Bright), et dans le décor des animés et films cultes.
Son single Carnival (2025) marque une nouvelle ère : une production plus dansante, plus assumée, tout en conservant son esthétique sombre. Le titre promet d’ouvrir la voie à un projet plus large, et son visuel évoque un manège à la fois poétique et inquiétant.
L’idée ? Faire de la fête un rituel cathartique : sous les paillettes et le rideau, les fantômes intérieurs dansent. Une manière de dire que célébrer n’exclut pas la vulnérabilité.
Lili Castiglioni n’est pas dupe : elle sait que notre époque a besoin d’art qui fasse scintiller et trembler. Elle conjugue l’envie d’être sur le dance-floor et l’urgence de se raconter. Chaque morceau est à la fois un écran de fumée et un miroir.
Dans un paysage musical souvent normé, elle ose être étrange, élégante et authentique. Une fête sombre, un bal d’émotions, une invitation à danser avec ses fantômes.
En bref : si vous croisez son nom, écoutez Palais des courants d’air, Grief Seed et surtout le single Carnival. Préparez vos écouteurs ou mieux, vos pieds pour un voyage qui ne ressemble à aucun autre.
