
Saint-Brieuc, 7 juin 2025 – Il est un peu plus de 23h quand LA FEMME investit la grande scène d’Art Rock. Le ciel breton, encore chargé de l’averse de l’après-midi, s’est enfin ouvert, comme pour saluer l’arrivée de ce groupe caméléon, maître ès psychédélisme pop et électro rétrofuturiste. Et très vite, la place Poulain-Corbion bascule dans une transe collective.
Dès les premières notes, la fusion entre le groupe et le public est immédiate. Ça danse, ça chante, ça vibre. Le public – intergénérationnel, coloré, visiblement conquis d’avance – se laisse emporter par une setlist à la fois nerveuse et élégante, naviguant entre les classiques abrasifs comme Sur la planche et les pépites hispanisantes de Sacatela.
Côté son, LA FEMME reste fidèle à elle-même : un patchwork sonore halluciné, qui mêle cold wave, surf rock, synthés 80s et accents exotiques. Les transitions sont audacieuses, parfois déroutantes, mais jamais gratuites. Tout est pensé, tout est joué avec précision et une énergie quasi rituelle.

Sur scène, Marlon Magnée mène la danse, flanqué d’un line-up renouvelé et d’une chanteuse magnétique au timbre clair-obscur, entre mélancolie adolescente et rage contenue. Le groupe déroule un concert tendu, organique, sans temps mort, flirtant parfois avec l’expérimental sans jamais perdre le fil.
Le public ne lâche rien. Certains hurlent les paroles, d’autres lèvent les bras en cadence, happés par les basses rondes et les projections kaléidoscopiques. On croise des jeunes de 20 ans qui découvrent le groupe, des quadras nostalgiques de leur première claque en 2013, et même quelques enfants perchés sur les épaules, yeux écarquillés.
On savait LA FEMME capable de tout. Mais personne n’avait prévu l’irruption de Philippe Katerine, en chemisette et bob avec sa nonchalance légendaire en bandoulière, pour entonner un Il était un petit navire totalement halluciné au beau milieu du set. Une surprise délicieusement absurde, parfaitement dans l’univers du groupe, qui a définitivement fait basculer le concert dans une autre dimension.
Saint-Brieuc a été hypnotisé. LA FEMME ne donne pas des concerts : elle organise des dérives sonores. Et ce soir, personne n’a voulu revenir à la réalité.






























