
Entre folie déguisée, poésie mignonne et engagement, Philippe Katerine a offert un spectacle inclassable, drôle, généreux, touchant et… totalement fou le samedi 7 juin 2025. Entre rires, baisers échangés, public en liesse, et échanges avec ses fans (notamment via une séance de dédicaces), le show aura profondément marqué cette 42ᵉ édition d’Art Rock, comme l’un des moments forts de ce festival.
Une folie douce sur la Grande Scène
Il est un peu plus de 22 heures quand Katerine et ses musiciens investissent la Grande Scène, devant une foule bigarrée et déjà chauffée à blanc. Fidèle à sa réputation de « poète-trublion », le natif de Thouars débarque déguisé en majestueuse Reine d’Angleterre gonflable — diadème rutilant — avant de multiplier les métamorphoses. Chaque chanson devient un petit théâtre de l’absurde, oscillant entre cabaret surréaliste et happening dada. Un vrai carnaval pop qui a « régné » sur Saint‑Brieuc avec une bienveillance décoiffante.
Costumes, humour et mignonitude
Ceux qui ne jurent que par son goût de la provocation douce n’ont pas été déçus : robe en plastique bleue, barbe postiche, couronne de fleurs et jusqu’à un final quasi nu, vêtu d’un simple string, Katerine pousse le concept de l’anti-star jusqu’au bout. Derrière la farce, un seul mot d’ordre : l’auto-dérision et la tendresse. « Je veux que chacun ici reparte en se trouvant beau », lance-t-il à ses fans, tout sourire.
Un set joyeux et engagé

Si l’humour et le déguisement tiennent le haut du pavé, la colonne vertébrale reste musicale : Zouzou, Nu, Sous mon bob, Louxor j’adore, tubes intergénérationnels repris en chœur par un public qui se laisse volontiers embarquer dans cette farandole de non-sens poétique. Entre deux blagues, Katerine glisse des mots qui font mouche : un plaidoyer pour la tendresse et la liberté de chacun d’être soi-même. Dans cette mise en scène inspirée de Dionysos, l’exubérance sert un propos résolument anti-haine, comme un pied-de-nez aux crispations du monde.
Musiciens au top, public en transe
Derrière ses pitreries, la dimension musicale est loin d’être un gadget. Entouré de ses fidèles musiciens, Katerine revisite son répertoire avec une précision presque pop-rock, passant du funk brinquebalant à la ballade sucrée. Sur Zouzou, le groove se fait doux et hypnotique ; sur Louxor j’adore, c’est l’explosion : un pogo délicieusement absurde secoue les premiers rangs, tandis que Katerine, hilare, harangue ses « bananes » pour un final en apothéose.
Une parenthèse enchantée
En résumé, ce concert de Philippe Katerine restera comme une parenthèse joyeuse et poétique dans cette édition 2025 d’Art Rock. Un ovni artistique et bienveillant, capable de fédérer anciens fans et curieux de passage dans un même tourbillon de rires, de confettis… et de bananes. Une preuve, s’il en fallait, que sous les atours du roi fantasque et de la reine gonflable se cache avant tout un formidable artiste de la liberté.










