Roubaix, 27 mai 2025 — Piano piano n’est pas un simple concert. C’est une traversée. Une dérive poétique entre musique, lumière et mouvement, portée par deux artistes aux langages complémentaires : Babx au piano, Adrien Mondot à l’image — et au jonglage.
Au cœur de la Condition Publique, la scène se fait épure : un piano, un homme, des ombres en suspension. Babx, fidèle à sa délicatesse, déroule une série de pièces instrumentales issues de Une maison avec un piano dedans. Ses compositions, aux accents impressionnistes, invitent au silence, au recueillement, à l’écoute fine.
Mais ce n’est pas tout. Tandis que les notes s’élèvent, Adrien Mondot — cofondateur de la compagnie Adrien M & Claire B — compose en direct un espace visuel mouvant, quasi organique. Des formes flottent, se délitent, répondent à la musique avec une précision presque chorégraphique. L’alchimie est immédiate.
Et puis, il y a le corps. Celui d’Adrien Mondot, qui surgit parfois au milieu des pixels pour jongler. Ces brèves apparitions physiques, faites de gestes souples et millimétrés, apportent une chaleur inattendue à ce dispositif high-tech. Là où le numérique pourrait distancer, le jonglage recentre. Il ancre le spectacle dans une présence humaine et tangible, sans jamais rompre l’enchantement.
Le dialogue entre les deux artistes, né d’une complicité ancienne, est fluide, presque silencieux. Rien ne semble démonstratif, tout est affaire de respiration commune. Piano piano, c’est une heure suspendue, où le regard flotte comme l’oreille, dans une temporalité douce, loin de l’agitation du monde.
Une performance rare, à la croisée des arts, qui touche par sa sincérité, son dépouillement, et sa capacité à émerveiller sans jamais forcer.
La Condition Publique a accueilli ce spectacle dans le cadre de la saison nomade de La rose des vents – Scène nationale Lille Métropole Villeneuve d’Ascq.























