PUTAIN D’NUIT, PUTAIN D’HÉRITAGE !
Y’avait un parfum d’essence, de sueur et de pogo dans l’air moite du Blacklab ce 21 mai 2025. Une date qu’on gravera au cutter dans la porte des chiottes : MARKY FUCKIN’ RAMONE foula les planches du temple brasseur de Wasquehal. Pas juste un revival, pas une balade mémorielle pour quadras en perfectos neufs. Non. Une bastos de 1h15 crachée à 220 BPM, direct dans l’estomac.
Le public ? Patché, crêté, vieilli, bronzé, rasé, transpi et vrai. Les kids de 15 piges pogotaient avec des darons qui avaient vu les Ramones à Paris en 1980. Des générations unies sous une seule bannière : 1-2-3-4 !
LE SET : UNE DÉFLAGRATION PAR MINUTE
“Teenage Lobotomy”
Un hymne à la connerie joyeuse, au cerveau cramé. Le riff transperce, les chœurs braillent. Les pogos s’intensifient, bière volante et genoux dans les côtes. Le Blacklab devient une arène primitive.
“Do You Wanna Dance?”
C’est là que tout le monde se dit : « Mais merde, je connais ça depuis toujours ! » Version Ramone : rapide, sale, ultra-efficace. Trois accords, des cris, et l’envie de tout casser sur le dancefloor. Même les videurs remuaient les pieds.
“Sheena Is a Punk Rocker”
L’hymne des âmes rebelles. L’instant où tout le monde devient Sheena. Marky, derrière ses fûts, tape plus fort qu’un marteau-piqueur sur une manif. C’est pas de la nostalgie, c’est de la convocation d’esprit punk.
“I Wanna Be Your Boyfriend”
Pause relative. Ballade débraillée pour cœur punk. Bras levés, couples qui s’embrassent, l’instant romantique du chaos. Mais attention, ça dure pas.
“Havana Affair”
Basse claquante, ambiance tropicale parano, riff mitraillette. Punk, politique et palpitations. Marky mitraille la caisse claire, ça sonne comme un manifeste anti-CIA.
“Commando”
« First rule is… The laws of Germany! » Cri tribal repris par tout le public. Une milice punk se forme dans la salle. Marky commande la cadence, et on obéit comme des zombies sous amphètes.
“The KKK Took My Baby Away”
Furie mélodique. Tragédie punk déguisée en tube dansant. Les poings se lèvent, les voix se cassent. C’est là que tu te souviens que les Ramones, c’était aussi des chansons avec des tripes, pas que de la crête.
“I Don’t Want to Grow Up”
La salle hurle avec le cœur. Hymne générationnel. Un refus de vieillir, de plier, de devenir comptable. Chaque parole est une gifle à la normalité.
“Pet Sematary”
Ambiance plus sombre. Guitare rampante. Le public chante en boucle, presque comme un rituel vaudou. Marky donne une interprétation dense, épaisse, poisseuse de malédiction.“Rockaway Beach”
Bim, la vague. Plage sale, guitares acides, un break qui te renverse la nuque. Le public hurle dès les premières notes, et Marky pilonne comme un forcené. Parfait pour la seconde partie du set
“Blitzkrieg Bop”
Et là, c’est l’explosion. « HEY HO, LET’S GO! » repris par tout le Blacklab. C’est plus un concert, c’est une messe païenne, une communion de décibels. Le pogo devient tornade. Les murs transpirent.
“Cretin Hop” / “Gimme Gimme Shock Treatment” / “Pinhead”
Trilogie terminale. Un crescendo de chaos. “Gabba Gabba Hey” est hurlé comme un cri de guerre par 500 freaks réunis. Pas besoin de discours. Juste la frappe, le cri, la vie.
“I Wanna Be Sedated”
LE tube absolu. Tout le monde devient fou. Même les mecs accrochés au bar se lèvent pour gueuler. Plus personne n’a de voix. Mais on chante quand même.
CONCLUSION : PAS UN TRIBUTE, UNE PUTAIN DE TRANSMISSION.
Marky Ramone, dernier des Mohicans, ne vend pas de camelote. Il tape fort, juste, et avec la rage intacte. Ce n’est pas un musée : c’est une guerre.
Et ce soir, on l’a gagnée, côte à côte, entre punks, freaks et survivants.
Blacklab, Wasquehal. 21 mai 2025. Éternité dans nos veines.











