Soirée mélodique hardcore au Black Lab, Wasquehal avec Satanic Surfers, The Corps, For I Am
For I Am (BE) – The Corps – Satanic Surfers
Une claque. Une tempête. Une messe en trois actes.
Le 30 avril dernier, le Black Lab de Wasquehal s’est transformé en sanctuaire du punk mélodique hardcore européen. Trois groupes, trois ambiances, une seule ligne directrice : l’énergie brute, le cœur ouvert en grand et la sueur qui ruisselle des murs. Retour sur une soirée qui a mis tout le monde d’accord – et sur les rotules.
For I Am (Belgique) – L’éclat mélodique au féminin
Les Belges de For I Am ont ouvert les hostilités avec une précision chirurgicale et une bonne humeur communicative. Menés par la frontwoman Hanne, dotée d’une voix claire et puissante capable d’envolées pop-punk sans jamais sacrifier l’intensité, le groupe balance un skate punk technique et mélodique, dans la veine de No Use For A Name ou Much The Same.
Ce qui frappe chez eux, c’est l’équilibre parfait entre virtuosité et accessibilité. Les guitares sont acérées mais chantantes, les breaks parfaitement dosés. Et cette manière de construire des refrains ultra accrocheurs sans tomber dans le cliché… Une première partie qui aurait pu tenir la tête d’affiche sur d’autres tournées.
The Corps – Le Canada à la sauce musclée
Changement d’ambiance avec The Corps, venus tout droit du Canada (qui n’est pas prêt d’être le 51eme état Américain, blague liée au concert). Ici, on garde la veine mélodique mais avec une grosse louche de testostérone et d’héritage heavy. Imaginez un croisement entre Pennywise, Iron Maiden et un pit bien énervé.
Le jeu des guitares est ultra musclé, avec des solos fulgurants qui flirtent parfois avec le thrash, tout en restant ancrés dans le riff punk. Le chant, rocailleux mais clair, donne une couleur plus sombre au set. Mais surtout : leur présence scénique. Pas un instant de répit, des pogos dès les premières mesures et des circle pits ravageurs. Ils n’étaient pas là pour rigoler, et ça s’est senti.
Satanic Surfers – Les patrons toujours en forme
Et puis les patrons. Satanic Surfers, légendes suédoises du skate punk, montent sur scène avec le flegme de ceux qui savent qu’ils n’ont plus rien à prouver, mais tout à donner.
Rodrigo, toujours aussi impressionnant derrière les fûts tout en assurant le chant (performance rare et technique), enchaîne les titres sans pause. Leur son est reconnaissable entre mille : rythmique survoltée, basse galopante, guitares précises comme des lames et des harmonies vocales qui vous vrillent le cœur.
Le set alterne classiques imparables (Hero of Our Time, Don’t Skate on My Ramp, Bittersweet) et titres plus récents, prouvant que la flamme est intacte. Leur qualité ? La constance. Depuis les années 90, ils balancent un punk hardcore mélodique sans concession, bourré d’émotion et d’engagement, avec une rigueur musicale bluffante. Le public ? En fusion totale. Chœurs, sauts, larmes. Les anciens et les jeunes dansent ensemble, et c’est beau.
Bilan : une messe punk à ne pas oublier
Cette soirée au Black Lab avait des airs de petit miracle. Trois groupes différents, mais complémentaires. De la mélodie, de la sueur, de l’intensité, et surtout, du cœur. Le son était impeccable, la fosse en feu, et l’esprit de communauté punk rock flottait dans l’air comme un parfum familier.
Si tu y étais, tu t’en souviendras. Et si tu l’as ratée… t’as plus qu’à espérer une prochaine date, et vite.
