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  Chroniques  roland decembre « Contrecoeur »
Chroniques

roland decembre « Contrecoeur »

Sebastien CironSebastien Ciron—25 avril 2025
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Roland Decembre : Promesse de mariage, fiançailles rompues, séparation et cœurs brisés

Roland Decembre a déjà connu, à contrecœur, les douleurs les plus profondes de son existence. Une promesse de mariage, des fiançailles rompues, une séparation brutale — autant de blessures que l’artiste couche sur le papier dans ce tout premier album, miroir intime d’années d’errance post-rupture.

À travers onze morceaux, il dévoile chaque recoin de son histoire, avec une voix fragile et envoûtante qui fait rimer spleen et sensualité. Chaque chanson s’écoute comme un court-métrage, une scène de vie suspendue entre espoir et désillusion.

Dans « Tout va bien », quelques vers suffisent à planter le décor d’un amour vacillant :
« Je me réveille un matin / Je me dis que tout va bien / Je suis à deux doigts d’acheter des fleurs / Tu te réveilles ce matin / Tu me dis que tout va mal / Que tu fais ça à contrecœur. »
Les images défilent devant nous comme un film que l’on aurait déjà vécu, ces instants fragiles où tout bascule.

On retrouve « Une photo » retrouvée par hasard dans son téléphone, suffisante à raviver l’écho d’une vie à deux. Puis « 1 semaine », dernier sursaut pour recoller les morceaux après quatre années partagées. À « 23h30 », c’est la rupture définitive. Et dans « Reste encore un peu », il murmure ce vœu silencieux lorsqu’il revoit son ex, dans une scène pleine de pudeur :
« J’ai pas dit à mes amis qu’on s’était revus / Et je suis à peu près sûr que toi non plus / Dans ce café le temps est suspendu / Et t’es si belle dans cette nouvelle tenue. »

Dans un café, il confesse lui parler de tout et de rien — de vacances vaguement inventées, de travail légèrement exagéré. Mais le vrai discours passe ailleurs :
« Dans nos regards, je lui dis de rester, que je la trouve belle, que je me sens nul sans elle, qu’il n’y a pas mieux que nous, que je l’aime évidemment. Mais ces mots ne sortent jamais. »

Derrière ce pseudonyme hivernal, Roland Decembre se révèle être une voix à fleur de peau. Avec « Tout va bien », il signe un Extended Play à la douceur mélancolique, où se croisent souvenirs froissés, billets doux, envies d’évasion et virées à toute allure à bord d’une Toyota Yaris rugissante.

Son univers ? Une chanson française profondément autobiographique mais résolument universelle. On y retrouve la tendresse de Pomme, les envolées pop de Voyou, la délicatesse vocale de November Ultra et une touche absurde et tendre à la Philippe Katerine.

Roland Decembre décrit sa musique simplement comme de la « chanson française » — sincère, personnelle, mais dans laquelle chacun peut se retrouver, tant il s’y livre avec une rare authenticité.

« Contrecœur » – Premier album de Roland Decembre : l’amour à bout de souffle

« Contrecœur », c’est le nom presque murmuré d’un premier album bouleversant, écrit avec les tripes et chanté avec le cœur en miettes. Derrière ce mot doux-amer, tout est dit : l’amour qu’on quitte sans le vouloir, les décisions qu’on prend à reculons, les gestes tendres devenus douloureux. C’est aussi le mot-clé d’une histoire personnelle que Roland Decembre ne cherche pas à camoufler. Au contraire, il l’expose en pleine lumière, dans toute sa fragilité, dans toute sa vérité.

Après une rupture marquante, presque fondatrice, et plusieurs années de dérive émotionnelle, Roland Decembre livre avec « Contrecœur » un disque intime et cinématographique, comme un journal de bord musical retraçant les étapes d’un deuil amoureux. Chaque piste est un arrêt sur image, une scène figée dans le temps où le quotidien devient poésie, et les douleurs ordinaires prennent une dimension universelle.

Les titres eux-mêmes sont des instants capturés :

  • « 1 semaine », l’ultime tentative pour sauver ce qui peut l’être,

  • « 23h30 », le moment précis où tout s’effondre,

  • « Une photo », ce souvenir numérique qui ravive les émotions les plus enfouies,

  • « Reste encore un peu », la prière silencieuse au bord du gouffre,

  • « Tout va bien », mensonge doux-amer répété comme une berceuse pour ne pas sombrer.

Musicalement, « Contrecœur » puise dans les racines de la chanson française, mais avec des accents modernes et discrets, empruntant parfois à l’indie pop, à l’électro feutrée ou au spoken word. Les arrangements sont sobres, sensibles, laissant toute la place à la voix cristalline de Roland — une voix qui ne triche jamais, qui tremble parfois, mais qui touche toujours juste.

Ce n’est pas un album de rupture au sens dramatique, c’est un album d’après. Celui des silences pesants, des conversations manquées, des regards lourds de sens, de ce qu’on aurait voulu dire mais qu’on a gardé pour soi. « Contrecœur », c’est la bande-son d’une génération qui aime avec excès et qui doute sans arrêt. Une ode à l’échec amoureux, mais aussi à la tendresse qui subsiste après la tempête.

Dans ce projet, Roland Decembre ne se cache pas derrière un personnage : il est simplement lui, vulnérable, parfois bancal, toujours sincère. Et c’est cette sincérité nue qui rend son premier album si précieux.

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Sebastien Ciron

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