Jeudi 27 février, c’est à l’Aéronef de Lille qu’a eu lieu le grand retour du breton Miossec, après 2 ans d’absence pour cause de maladie. Autant dire que pour ces raisons, l’émotion était palpable, dans la salle, comme sur la scène.

C’est bien à l’heure donc qu’apparaît Miossec dès 20h15, sous le tic-tac et le rythme d’une pendule comme pour marquer que le temps est primordial dans toute vie et dans l’oeuvre de l’artiste, plus précisément après les événements personnels de celui-ci (Miossec est en rémission d’un cancer des cordes vocales, qui l’a privé de sa voix pendant plusieurs mois).
Bien sûr, à la lumière de cela, tout résonne différemment, chaque parole même résonne différemment, les allusions aux « prières, poussières, nos pères ou Dieu » prennent une dimension quasi-mystique dans la bouche et la voix de Miossec (qui est par ailleurs d’une clarté, beauté et sincérité sans pareilles ce soir). Le choix de la set-list est lui-même lourd de sens.
Miossec donne le ton dès la première chanson, et, n’y a-t-il pas d’ailleurs non loin de moi dans la salle, un spectateur qui pleure, en écoutant « On vient à peine de commencer », chanson si forte d’espoir et véritable hymne à la poésie. Sur les 17 chansons de la soirée, Miossec en entonne 7 de l’album « Simplifier » sorti en février 2023, avant la maladie, et qu’il n’avait pu venir partager sur scène.
Émotions donc, mais c’est aussi une joie manifeste qui traverse le concert, les échanges nombreux entre Miossec et le public en attestent, de même que les sourires du chanteur et ses propos sur son bonheur d’être là.
On notera que c’est par la très belle chanson « tout est bleu » que s’achève le concert, mélange si subtil du bleu et du noir, à la façon d’une toile abstraite, désenchantement amoureux si cher au chanteur, mais possibilité de la lumière, illustrant toute l’ambiguïté de la vie.
